Tant qu'un
homme n'a pas découvert quelque
chose pour lequel il serait prêt à mourir, il n'est pas à même de vivre
Martin
Luther King(1929-1968)
L'abstention anti-politicienne
Elle représente après l'abstention sociale,la deuxième explication de l'abstention. Elle explique l'abstention et sa montée par cinq facteurs
clés.
A.Le premier facteur explique que les partis politiques ont une image médiatique négative qui influence
les gens, d'où l'augmentation de l'abstention.
B.Elle croît aussi parce que les notions de Droite et de Gauche politiquement parlant, si importantes
pour l'auto-positionnement politique des gens, sont en train de disparaître et les gens se sentent un peu perdu politiquement.
C.Cette analyse mentionne aussi que les hommes politiques ont une mauvaise réputation ce qui explique la
réticence que certaines personnes ont à leur égard. Nous remarquons que la personnalité des candidats joue un rôle important dans l'évolution de l'abstention.
D.Le quatrième facteur nous informe que la politique politicienne déçoit ce qui mène au dernier facteur
qui affirme que les gens ne croient plus aux effets de la politique sur la vie quotidienne. Ces facteurs bien évidemment entraînent une montée de l'abstention. Cette approche est fortement
liée à la première et est très complémentaire.
le vote blanc
Considéré comme un suffrage non-exprimé, le vote blanc a
longtemps été assimilé à une erreur de l'électeur ou encore à une marque d'indifférence à l'égard de la politique,tout comme l'abstention.Parce que le législateur n'en donne aucune définition
précise, le vote blanc est longtemps demeuré un objet flou, mais surtout il n'a jamais été considéré comme une expression politique réelle au même titre qu'un vote pour un parti, un candidat ou
pour une liste. Le vote blanc appartient en effet à la catégorie des suffrages dits « non exprimés », tout comme le vote nul et l'abstention.
Pourtant le vote blanc constitue une expression, celle d'une insatisfaction face à une offre
politique trop restreinte.On peut,dés lors,considérer le vote blanc de deux manières:
- Soit le vote blanc est une expression politique, et dans ce cas, son niveau doit être fonction décroissante du nombre de candidats : quand le choix offert à l'électeur est large,celui-ci a plus de chance de trouver un candidat qui lui convient,en revanche, quand le choix est restreint,l'électeur peut ne trouver satisfaction parmi aucun des candidats en présence et vouloir exprimer son refus de l'offre par un vote blanc.
- Soit, au contraire, le vote blanc est la marque d'une indifférence à l'égard de la politique ou le signe d'une incompétence en la matière,et dans ce cas,son
niveau devrait être fonction croissante du nombre de candidats,tout comme l'abstention et apparaît ainsi,à
nouveau,comme une alternative face à un choix limité.
Il est important de remarquer que les « votants blancs » portent un intérêt particulier à la politique,ont des exigences en la matière et manifestent,par leur vote,une déception à l'égard de la politique, qu'elle soit momentanée ou structurelle.En votant blanc, ils souhaitent faire passer un message et espèrent des changements.Ces électeurs ont d'ailleurs des caractéristiques sociologiques distinctes de celles des abstentionnistes : ils ne sont pas aussi jeunes, sont plus intégrés socialement, plus diplômés, plus politisés.Le vote blanc ne se substitue à l'abstention que dans un cas : en milieu rural,le poids des interconnaissances et du contrôle social poussent les électeurs à voter blanc plutôt qu'à s'abstenir.
On peut conclure que le vote blanc recouvre donc deux types de comportements :le vote blanc traditionnel et rural,synonyme d'abstention cachée, et le vote
blanc récent, plus urbain, qui est une véritable expression politique.